Liège Bastogne Liège – La doyenne

Qu’est ce qui fait que l’on se décide à prendre une inscription pour une épreuve comme Liège Bastogne Liège cyclo, quand on habite à 700 kilomètres de là ? 

Il y a de les opportunités comme celle d’avoir un coaché Belge qui veut vous faire découvrir son pays depuis déjà quelques temps. Merci Eric

Il y a la date « parfaite » qui associe le même WE l’un des plus beaux Trail de Belgique « La Bouillonnante » et la doyenne des classiques « Liège Bastogne Liège ». Une belle occasion pour faire un OFF Fartleck et réunir traileur et cycliste

Et quand en plus, il y a la chance d’avoir des motivés prêts à vous accompagner dans votre délire pour ne pas prendre le départ seul, alors go ! – Merci Jérôme, Flo , Stéph et Karine

Il y a enfin le prestige de l’épreuve. Endurance collection c’est pas un vain mot pour moi, ce n’est pas une formule. J’aspire à associer un effort extraordinaire à une épreuve ou un lieu extraordinaire. Il faut les 2 pour que la mayonnaise prenne chez moi. Et tant pis si en filigrane çà dénote des motivations peu avouables comme « Vouloir faire comme les pros », ou engage  à « participer à de grandes foires ». Comme çà à priori c’est pas ma came mais là oui. Alors j’assume, j’ai fait Liège Bastogne Liège comme j’ai fait Paris Roubaix l’an passé… pour voir et vivre le truc que je suis, depuis 30 ans , devant ma télé… et pour répondre à cette question… Pour de vrai, çà monte tant que çà la Redoute ? 

Car, j’avais beau croiser les infos qui confirmaient bien que ce parcours faisait 265kil et 4500 D+, je n’arrivais pas à comprendre comment on pouvait arriver à un tel ratio en Belgique… « Ce plat pays qui est mien …» disait Brel… Alors c’est qui le menteur ? Parce que 4500D+ à vélo, il faut aller les chercher. Pour faire çà en Bretagne, dans mes petites vallées que je croyais “ardennaise” je double toutes les bosses que je passe. Je fais du up/down pendant 2H sur la même bosse…

 D’ailleurs, je n’avais pas fait une préparation aussi sérieuse depuis bien longtemps, avec ce bon sentiment ne pas être certain de réussir cette chose si je ne m’entraine pas… le juste bon dosage entre croyance dans sa capacité à le faire et les doutes… C’est dans cette zone que je me mets en mouvement aujourd’hui et la marge est étroite entre ce que l’on a déjà validé et des rêves un peu fou… là c’était  juste bien. à méditer pour la suite…

Force est de constater qu’ils les ont trouvé les bosses là bas… et j’avais bien fait de m’en méfier. L’épreuve en elle même, ce fût un peu moins de 10h de vélo, avec les Ardennes qui défilent  en alternance sur de grandes routes coupe-gorges et de magnifiques routes de campagne. Comme dans un bus Tour opérator, on passe d’un lieu mythique à un un autre. La Chapelle St Roch à Houffalize, Stockeu et la stèle Eddy Merckx, La Redoute, La Roche aux Faucons… des noms qui sonnent chez les aficionados du vélo. Chaque lieu est un petit défi à passer, une inscription dans l’instant présent à rester en équilibre sur son vélo pour passer les portions > à 20%… et puis en haut on remettait la plaque pour aller au spot suivant en ayant toujours le loisir de passer des bosses vachardes car non répertoriées… La journée passe vite comme çà. 

L’autre épreuve était de survivre aux averses. Là encore, nous étions très connectés avec l’instant . Bizarrement on n’a jamais songé à s’arrêter sous une grange… çà ne devait pas être si terrible que çà alors ? 😉 . Si mais c’est peut être quand même à ce moment que je me suis senti le plus vivant. On avançait à 10kil/h face au vent, la grêle tabassait le visage, nous étions en terrain découvert et c’est à ce moment que j’ai senti le besoin de hurler un cri primaire pour conserver cet élan. J’ai su à ce moment là que j’avais bien fait de venir à Liège. J’y étais à ma place. J’étais sorti de ma zone de confort. C’était bien.

Mais de tout çà, il en restera quoi au final ? 

Un bonheur paisible et une sérénité ce 30 avril 2019…

Quelques lignes supplémentaires à ma liste de cols en mai.. 

Une relation d’amitié encore plus solide avec Jérôme avec qui j’aurai partagé encore des moments précieux et avec Loïc… pour les apartés ravito qui sont toujours des parenthèses enchantées.

Jouer l’expert devant sa télévision en 2020 (comme en 2019) en regardant les pros et en annonçant les difficultés à venir

Un joli tee shirt finisher qui servira pourtant de chiffons pour nettoyer le vélo en 2022

Un vague souvenir des monts et côtes passés en 2025. 

Une bonne occasion de se la raconter dans une soirée, En 2035 pour mes 60 ans… et dire à un jeunot « je l’ai fait »

et puis une vie sportive où j’aurai toujours pris le temps de laisser de la place pour l’endurance et de la façonner sous toutes ses couleurs.

Et puis et puis… Il n’en restera rien et pourtant… La vie ne doit elle pas être pimentée de petits rien ?