Guerlédan’s Story

Mise en garde : Cet article par son caractère rétro, très régional et auto-centré n’est pas accessible à tous les publics. Je vous prie de m’en excuser 🙂

Cela étant dit, l’occasion est trop belle, au lendemain d’une énième participation et d’une réussite perso, pour ne pas faire un petit bilan de Mes histoires à Guerlédan. Car depuis quelques jours, les souvenirs se bousculent. Pas facile de remettre des dates ou des contextes de course, mais quelques « je me souviens »…

2005 => Je me souviens, c’était ma première participation et j’étais encore débutant dans le trail. Il faisait gris, il y avait des averses… On faisait le tour du lac dans le sens horaire après avoir visité Liscuit. On devait être 300 au départ. Il n’y avait pas encore les passerelles à la sortie du Bois de Caurel  et c’est là que je suis parti, dans les champs… En tête quelques temps, puis je me souviens que j’ai crampé le long du lac face à la carrière. Là non plus, il n’y avait pas de passerelles et de chemin de 2m de large. Nous étions dans une mono-trace et des blocs rocheux. Mes cannes de coureur sur route ont pleuré… Thierry Mercerau, puis Philippe Kerbaol puis Johan Sérazin m’ont doublé. Je fais 4.

Guerlédan 2006 – Patrick Lothodé/Johann Sérazin/Philippe Kerbaol


2006
=> Je fais le challenge Salomon. J’ai gagné Chevreuse et je viens prendre des points sur cette manche. Le circuit est identique, il fait chaud. Je me souviens que nous sommes trois pour la gagne avec Greg Vollet et Gilles Diehl. Avant la anse de Sordan, Gilles s’en va. J’arrive à lâcher Greg. Je vais faire 2. Puis sur la route qui mène aux Forges, je retrouve mon Gillou, un peu sec. On traverse le bois des Forges et la ligne d’arrivée ensemble. Première victoire. Ce week-end, Gilles était sur le 13 kil… On a évoqué ce flash avec de grands sourires.

2007

2007 => Le team Salomon débarque en force. Samuel Bonaudo, Christian Largier et Thomas Lorblanchet. Temps de cochon. Je me souviens que c’est Greg vollet qui place une première bandrille dans le bois de Caurel. Avec Thomas, on le lâche plusieurs fois mais il revient. Une nouvelle fois, la messe est dite autour de l’anse de Sordan. Thomas s’envole, je vomis mais sauve la place de 2. Johan Sérazin et Thierry Mercereau finissent ensemble pour la place de 3.

2008

2008 => Une semaine avant, je suis au trail de l’Ardéchois. Je voulais courir le 57kil, mais je bifurque et gagne le 34 par paresse… Je suis vexé d’avoir eu cette attitude alors je fais Guerlédan, 7 jours plus tard. Je le gagne devant David Pasquio et Olivier le Guern. Je me souviens de l’arrivée dans la prairie… il me semble que Guillaume Le Normand, Thomas Véricel et un petit jeune du 44 au nom d’Erik Clavery avaient fait le voyage. Mais sinon rien. Elle est curieuse notre mémoire ;-))

2009 => Je pars faire la transju’trail une semaine après, alors je m’aligne sur le 26kil. On faisait une boucle sur Liscuit. Je me souviens qu’il faisait très chaud, que j’avais gagné assez facilement et que sur le podium, à la place de 2, il y avait un mec qui démarrait dans le trail : Laurent Jaffré.

2010 => Un tournant dans la story… Je suis arrivé en me la jouant facile. Je venais de faire 2 à l’ardéchois derrière Julien Chorier. David Pasquio avait gagné l’édition 2009. Y’a du fight au programme… Le parcours a changé. On fait la boucle de Gouarec puis le tour du lac dans le sens anti-horaire. Je pars direct. David et Yann Curien suivent. C’est 3h30 non stop à s’envoyer des relances dans les dents. Je pète dans le bois de Caurel. J’arrive au ravito de Keriven, je suis 2 mais je bâche. J’attends dans une voiture de l’orga que l’on me ramène à l’arrivée. Une petite fille (inconnu) tape à la vitre de la portière… Elle m’offre un dessin à mon nom. Je me mets à chialer comme un môme… Y’a un ressort de cassé : les courses ne sont plus des jeux mais des terrains de lutte. Je ne cours plus pour m’amuser et partager mais pour des choses moins avouables… DNF. Olivier Le Guern fait 2 et Laurent Garnier récupère Jérôme Lucas dans le bois des Forges.

2012 => Le team Salomon Espoir est créé et j’en suis le coach. Avec Jean Michel Faure Vincent, on se dit que les amener en Bretagne se frotter à cette course peut avoir un intérêt. Bingo ! Guillaume Beauxis gagne.

2013

2013 => Je me souviens que je faisais Zegama la semaine suivante alors je me suis aligné sur le 26kil.  Il faisait très chaud, on faisait une boucle dans le bois des Forges puis ensuite la boucle actuelle Gouarec et retour Liscuit. Je gagne. Le lendemain, on a tout le team espoir sur la ligne de départ mais c’est Thierry Breuil qui est le boss devant Laurent Jaffré et David Pasquio. Guillaume Beauxis fait 4, Thibault Baronian 6ème, Sacha Devillaz 7ème et Fabien Nabias 10ème

2013

2014 => Je suis inscrit, préparé, en forme mais 1 semaine avant je fais une chute en VTT sur les chemins du soleil. Je suis DNS. Je me souviens être sur la route des Forges à regarder la course. Laurent Jaffré est en tête mais cuit… Christophe Arzur revient cruellement sur lui. Je suis content pour Christophe et tellement déçu pour Laurent qui tourne autour de cette victoire depuis des années.  Je mesure alors ma chance d’avoir pû accrocher ces victoires… quelque soit la suite.

2015 => Je m’aligne sur le long. C’est une édition unique. Le lac est vide. Le parcours est dans sa configuration actuelle. Je pars très en retrait avec l’espoir de remonter très haut dans le classement. Je me marche dessus pendant 2h en attendant, gérant. Je fais illusion 2H en remontant les concurrents puis je bâche à Gouarec. Mal de dos. Fred Laureau qui est dans le même état, m’invite à le suivre mais je renonce. Zéro plaisir. Jérôme Lucas gagne.

2016 => Je suis à Guerlédan mais je pars faire une régionale de course d’orientation dans la forêt de Quénécan. Pas envie de revivre 2015, envie de voir autres choses aussi. D’être au calme.

2017 => J’arrive en me disant qu’il faut jouer. Je suis prêt. Je veux être devant et peser sur la course, être avec les copains.  Alors je me lâche comme je ne l’avais pas fait depuis des années. Je vibre à chaque passage de ravitos. Je me surprend à être encore devant à mi course avec Gwenael Le Boulch. Puis je serre un peu mais reste dans le jeu. Sur la boucle finale vers Gouarec, entre Vincent Rouxel et Jonathan Parisé, à la lutte pour le podium, j’ai conscience de renouer enfin le dialogue avec cette course. De comprendre à nouveau pourquoi, depuis 15 ans je regarde où se situe le WE de Pentecôte l’année suivante…

Et la suite…? Adieux ou pas ? J’en sais rien et c’est tant mieux. Bernard Gauthier me fera encore la proposition en mars prochain de m’inscrire. On décidera à ce moment

Merci à tous pour vos encouragements hier. C’était chouette.

Crédits photos : D.Rouxel, S Gainche et F Guinio pour 2017.